Le vice ou la vertu

Peut-on vraiment faire une croix sur sa vie passée (surtout quand elle n’était faite que de plaisirs) ?

Dimanche, je suis allée au brunch du Réservoir avec des copains que je n’avais pas revus depuis longtemps.

Ce sont les amis avec lesquels je faisais la fête il y a quelques années. Ils étaient capables de traverser tout Paris pour terminer la nuit avec un ou plusieurs partenaires rencontrés la veille. Des orgies, du vice souvent, de la consommation de corps et de coeurs : les mille et une nuits version décadence. Ils se faisaient leur Sodome et Gommorhe privé.

Chacun raconte comment il a changé :

Mickael*, grand jouisseur devant l’éternel, me raconte comment il rencontre son alter ego de qui il finit par tomber amoureux. Mais après avoir piétiner le coeur de multitudes de femmes, il se fait larguer par cette fille. Pour résumer, Il cite Henri Jeanson « Les femmes sont des jouets dont on se lasse et qui, à l’inverse des autres jouets qui se laissent si gentiment casser, vous brisent ». Depuis, il a décidé de vivre selon les préceptes de la Thora. Il ajoute que parfois, entre sa femme dévouée et sa vie saine, il fantasme sur des relations libertines.

Fabien* m’explique que grâce à sa stratégie des portables multiples, il peut cacher ses flirts (qu’il prend soin de ne surtout jamais transformer en aventures). Il dit que sa fiancée est la femme de sa vie.

Peter* préfère tchater sur Easyflirt. ça l’éloigne du vice, pense t’il.

Ils affirment tous sincèrement avoir tourné la page, avoir su adopter un mode de vie ordinaire, moins compliqué, moins dangereux. Ils parleraient presque de « l’art d’être fidèle ».

De mon point de vue, je les retrouve tels que je les ai quittés : fidèles à eux-mêmes surtout, jouisseurs jusqu’aux tréfonds de leur âme. Ils jouissent juste différemment : certains en ressassant le piment de leur vie passée, d’autres en composant avec leur réalité quotidienne. On ne change pas. On fait juste taire ce que l’on est par nature.

Je suis certaine que tout est une question d’opportunité…mais ne soyons pas trop désabusés : c’est sans doute quand même un peu une histoire de volonté ?

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Shortbus est un film sorti en 2006, dans lequel on trouve plein de choses justes sur la sexualité. Traité avec une légèreté mélée de désespoir.  Attention : Interdit aux moins de 16 ans.

*les noms ont été changés.

PS : Merci à Nana pour son témoignage essentiel sur l’article « le héros de ma semaine… ». J’espère que la mal d’Outre Mer prendra fin un jour… Merci à Clo, Luly et Zaraki pour leurs encouragements. Je vous embrasse.

2 Réponses à “Le vice ou la vertu”

  1. zaraki dit :

    que veux tu Lo nous sommes des hommes…
    enfin chacun ses preferences…faut assumer je crois mon leitmotiv:je suis l homme de toute les femmes..
    merci continue
    ps:ça m a touché ton article sur JIGO nn Jego…a tel point que je n ai pas osé mettre un com..

  2. luely dit :

    « Fabien* m’explique que grâce à sa stratégie des portables multiples, il peut cacher ses flirts (qu’il prend soin de ne surtout jamais transformer en aventures). Il dit que sa fiancée est la femme de sa vie. »

    « stratégie des portables multiples » ???!!!…comment est ce possible une si grande hypocrisie !!! moi qui croyais en la sincérité des hommes !!! dans quel monde vit-on ?
    luely

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