Archive de la catégorie ‘Live and Let Die’

Revenir

Vendredi 15 janvier 2010

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Je suis là.
Je regarde le monde.
Le monde se résume dans un pays : Haiti.
Il m’en aura fallu du temps pour revenir.
C’est par les larmes que je reviens.

The Come Back of the unpardonable girl

Mardi 11 août 2009

Je pourrais vous dire que j’étais partie en vacances, en déplacement professionnel dans un village perdu du bout du monde, que j’étais so busy entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle, bref trouver une excuse pour justifier mon absence mais je n’ai rien à déclarer pour ma défense, votre honneur. Il y a des périodes plus ou moins longues comme celle qui vient de s’écouler pendant laquelle tout remue-ménage intellectuel, toute tentative de réflexion et ensuite d’écriture vous paraissent…comment dire…un challenge inaccessible.

Ce n’est pas faute d’avoir fait des sorties ciné, lu des blogs formidables, rencontrer des gens intéressants et me retrouver dans des situations singulières…

Juste que j’étais en période d’aridité intellectuelle.

Je reviens le temps de quelques postes et ensuite direction la Malaisie. 

D.C

Vendredi 5 juin 2009

 

David Carradine, 72 ans, est mort. 

Ceux qui ont moins de 25 ans, ou bien aucune culture télé des années 80, ou qui n’ont pas vu « Kill Bill »  ignorent sans doute qui est David Carradine. 

Il s’agit du héros de la série « Kung-Fu » (fin des seventies avec des rediffusions dans les années 80) et le Bill de « Kill Bill ». Ingmar Bergmar et Martin Scorsese l’ont fait tourner également.

La série « Kung- Fu » fut mon initiation à l’Asie, ma première approche cinématographique des arts martiaux, tous les prémices de ma passion pour l’Asie et son cinéma. Ah ces ralentis sur des coups de pied du tigre ! Ce baluchon trainé sur toutes les routes à la recherche de soi-même…une vraie philosophie cette série ! 

Il a été retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel à Bangkok, lors d’un tournage. Au départ, on a crié au suicide. Et puis moi, en vieille routarde des pratiques sexuelles les plus glauques, j’ai supputé qu’un jeu sexuel avait sans doute mal tourné (comment ? Le héros de Kun-Fu avait donc une vie intime ?!). Une dépêche d’info vient de corroborer mes suspiscions. Je ne vous donnerai pas les détails ici, mais en cherchant un peu vous verrez que c’est une mort dans une posture particulière. Pourvu qu’il se soit éteint en plein trip…


Full of Beauty

Mardi 2 juin 2009

Pourquoi ne pas trop en faire ?

Vendredi soir, alors que la fête bat son plein, je fais la connaissance de Marianne.

Marianne, jolie fille sympa d’une vingtaine d’années, porte ce soir là une chemise à fines rayures blanches et bleu ciel cintrée sur un jean bootcut clair et une veste en cuir chocolat. Le tout orienté seventies. Sa chemise est très très froissée, au point qu’elle donne l’impression de sortir tout juste de sa triste condition de boule des tréfonds d’une armoire. Malgré cette apparence négligée, cet air de « je n’y pense pas », Marianne a un je-ne-sais-quoi qui la rend parfaite : beaucoup d’allure et une sorte de grâce décontractée. Une « coolitude » agréable à l’oeil. Ce n’était pas seulement le chemisier qui donnait cette impression, c’était un ensemble, une harmonie entre sa façon d’être et sa tenue.

Ca m’a fait penser à Jane B. Sa nonchalance frôlait parfois le lascif. Et j’aimais constater, il y a quelques années, combien son côté «  j’ai mis ce qui me tombait sous la main » mettait en valeur, son attitude, sa personnalité.  Ses t-shirt oversize lui tombaient sur l’épaule et ses pantalons à la coupe parfois masculine renforçaient le sentiment qu’elle y pensait à peine. Elle créait le style loose avant l’heure, le boyfriend jean avant même que Vogue et Elle n’exposent le concept.

 Certaines femmes savent porter les vêtements sans vraiment y penser. C’est beau.

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En eaux troubles

Jeudi 28 mai 2009

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Parfois, je me demande si ma copine Sasha (celle qui rate toutes ses aventures sentimentales et sexuelles, malgré sa beauté de madone) n’aurait pas raison : ne pas bouger, ne pas aller vers, rester en soi-même, et qu’autrui n’existe pas. On se fait moins mal sans doute à se cogner contre soi-même plutôt que contre les autres ?

J’aimerais parfois être sûre de ça…

Le charme discret de la fille ordinaire

Lundi 25 mai 2009

Pourquoi un garçon ne veut pas faire sa vie avec Natalia Vodiavona ?

J’ai un ami proche qui, pour des raisons professionnelles, se « balade » entre les bureaux du magazine Vogue et le siège de la marque Chloé. Il s’extasie systématiquement sur la plastique irréprochable des filles qui travaillent dans les locaux de ces deux marques : leurs visages diaphanes, leurs poitrines fières bien que peu lestées, leurs jambes qui n’en finissent pas, mises en valeur été comme hiver par des jupes en voiles microscopiques et transparentes. Il me décrit les belles filles, toujours bien mises, jamais fanées, jamais fatiguées ou si, mais ça ne se voit pas, qui ne marchent pas, qui survolent la terre, qui traversent toujours une rue  à contre jour en robe blanche, cheveux longs dans la brise du mois de mai…

Je lui demande si, quand il rentre chez lui, ce n’est pas trop difficile de retrouver sa « madame-tout-le-monde » (enfin, j’exagère, c’est juste pour exprimer la différence entre les beautés fatales recrutées chez les Vogue et consorts  et…nous toutes, le reste du monde). Il me dit que non et m’explique pourquoi :

Les bonnes raisons :

  • Sa copine est déjà très jolie et s’habille avec goût (rarement du griffé mais du très seyant).
  • Ces filles sublimissimes donnent l’impression d’être en perpétuelle compétition. Une fille qui se bat constamment contre ses semblables risque d’être aigrie, de rester centrée sur elle-même et d’être inintéressante. 

Les moins bonnes raisons :

  •  Avec une fille Chloé ou Vogue, tu te sens obligé d’être à ton avantage. Pas de laisser aller possible, donc pas de soirées bières et chips devant un match de foot. Pas le droit de prendre du poids, donc interdiction de manger du chorizo et des tapas même pendant des vacances à Ibiza. Ce qu’il ne dit pas, mais que je commence à saisir clairement, c’est qu’avec madame-tout-le-monde, la fille de tous les jours, tu peux devenir mou de la fesse sans scrupules.
  • Une fille comme celle-ci, doit coûter très cher (« Chéri, il me faut des culottes : je dois aller chez  Eres, on se retrouve après au Bar à Champagne des Galeries Lafayette ? Je commande un taxi tout de suite ») ! Les filles bradées sont celles qu’on use dans la vie quotidienne. 
  •  Tu as trop l’angoisse de te la faire piquer (pour madame-tout-le-monde, tu vois venir l’ennemi de très loin. Mademoiselle Vogue, c’est plus rapide : les hommes plus riches et plus puissants que toi dégainent leurs arguments en un dixième de seconde : genre super premium gold card). Et en même temps, c’est ton sésame pour enfin rentrer au Milliardaire et dans tous les lieux hype sans te sentir pitoyable (sous-entendu qu’avec ta madame-tout-le-monde, tu te sens trop fade, et que tu rentres à peine chez Carrefour sans te faire refouler par le vigile ?). 

C’est bizarre : c’est exactement pour toutes ces raisons que nous renonçons à Johnny Depp et Jared Leto…


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                                                                    Crédit photo : L’Express Style

« 17 ans encore »

Lundi 18 mai 2009

  

Forever young ?

Ce week-end, on a fêté les 30 ans d’un ami. On parle de ce cap qu’il a du mal à accepter. Il dit vouloir s’accrocher à la jeunesse comme on s’accroche aux bords boueux d’un précipice : il projette de se mettre au sport, aux régimes alimentaires, continuer à s’habiller chez Cheap Monday, draguer des filles qui ont 10 ans de moins que lui parce qu’il ne supporte plus les femmes de son âge, trop vieilles pour ce qu’il désire : de la fête, du rire et de la légèreté. Il espère ne jamais devenir pour autant un vieux-beau pervers botoxé, propriétaire de chihuhua.

Il a découvert son premier cheveux blanc il y a peu de temps. Traumatisé, il a envoyé ce sms à une amie : »P*** de sa mère. J’ai un cheveux blanc ! Jveux pas mourir ! ». 

Une copine nous raconte que dans les parfumeries, les vendeuses lui mettent dans son sac d’achats, des échantillons de crèmes genre lisseurs, correcteurs, liftants et autres boosters anti-rides. Avant, elle aurait tout donner à sa mère, maintenant, elle les essaie scrupuleusement pour voir si ça marche.

A une époque, j’ai dû condamner tous les gens qui croient être en mesure de reculer l’échéance. A une époque, j’ai dû clamer combien je trouvais tous les « soins palliatifs » anti-âge, ridicules, pathétiques (je ne parle pas de la chirurgie esthétique mais d’une radicalisation de son mode de vie pour entretenir sa jeunesse ).

Au lieu de cela, désormais je me tais. Je me dis que bientôt, je déciderai sans aucun doute d’enduire de crème le contour de mes yeux, de traquer chaque cheveux blanc, de faire du sport et peut-être que les hommes de ma tranche d’âge m’intéresseront moins…

On s’est dit, à cet anniversaire, qu’il faudrait quand même aller à l’encontre de la mentalité qu’impose l’ensemble des médias : à 30 ou 40 ans, on n’est pas vieux, ni fini, on n’est pas « à rajeunir » absolument. A ces âges, on n’est pas obligé de prendre sa retraite de la joie de vivre, ni de s’habiller comme si on faisait son deuil de la jeunesse. Je ne dis pas que c’est si facile mais on a encore toutes les chances de vivre de belles choses passionnantes, drôles et pleines de fraicheur.  

                                                                   interviewdezacefronmodeune.jpg                                                                           Zac Efron*

*Pour le plaisir des yeux : un peu de jeunesse.

Thinking about it

Mardi 5 mai 2009

Faut-il se remettre en question, de temps en temps ?

Vous avez sans doute vu la prestation de cette britannique d’une quarantaine d’années : Susan Boyle. Candidate à une émission de télé-réalité musicale (une sorte de mix entre « Incroyable Talent » et « La Nouvelle Star »), on ne donnait pas très cher de sa prestation : sifflets désapprobateurs dans le public, regards ahuris et moquerie des membres du jury. Pour moins que cela, certaines auraient fui, parce qu’un accueil pareil c’est l’humiliation totale.

Susan Boyle est laide. Elle fait partie de ces laids qui ont depuis longtemps laissé leur laideur en friche, leur nature moche prendre le pas sur leur visage et sur leur corps : pas de maquillage, pas de débroussaillage de sourcils, pas de rasage de duvet labial, pas de brushing, ni de tentative fashion (comme d’autres porteraient des leggings panthère pour conjurer le sort ou détourner l’attention).

Et puis elle ouvre la bouche. Sa voix. De l’or. Du crystal. De la pureté. Du sublime.

L’élite et surtout cette société qui la fabrique, prend une baffe. Qui a dit que du laid doit naitre le fumier ?

Et moi, moi, électron pas libre de cette société, cellule de la masse, je me dit qu’heureusement qu’il existe des Susan Boyle pour anéantir mes préjugés…Moi qui voue un culte à la beauté depuis et pour toujours, profondément touchée par tout ce que je juge sublime en apparence, je suis heureuse que le hasard mette sur ma route, parfois, des Susan Boyle : des gens qui me permettent d’atteindre leur grace intérieure, malgré tout.

Happy People

Mardi 28 avril 2009

Comment être heureux ?

Il y a plus de X années, des dizaines de livres sur le bien-être du couple me passaient entre les mains. C’était la mode de la saga « Vénus et Mars ». Jusqu’à ce que tout le monde comprenne que l’histoire du couple n’est rien moins qu’une sorte de Dallas story, plus Sue Ellen et J.R, que Bobby et Pam.

J’avoue que ça a tendance à m’agacer toutes ces notices explicatives du bonheur du couple. J’ai connu un garçon à qui sa copine imposait la lecture de ce genre d’ouvrages pendant leurs vacances à Punta Cana. Le garçon se trimballait avec son édition de poche sur les plages du bout du monde alors que d’autres activités bien plus pénétrantes auraient pu l’attendre…Pauvre homme.

Cependant,parfois, mon vieux « moi » n’a qu’une envie : se plonger dans la lecture d’ouvrages comme « La Sexualité des gens heureux » de Patrick Sutter.

Extraits :

« Notons que 47% des femmes qui se disent heureuses ou très heureuses n’arrivent pas si souvent à l’orgasme. Et pourtant, cela ne les empêche pas de se sentir bien. L’orgasme n’est donc certainement pas indispensable au bonheur. ?[...] Il existe cependant une sorte de cercle vertueux entre les deux phénomènes : une femme heureuse et épanouie sexuellement qui ne jouit pas et ne se pose pas trop de questions finira probablement par y arriver un jour ou l’autre. Et même si elle n’y arrive jamais, au fond ce n’est pas grave. Rien n’est obligatoire. » Ah bon ?

« Les hommes épanouis sexuellement savent que lorsqu’on fait l’amour longtemps il existe des fluctuations érectiles qui sont parfaitement naturelles. Pour des raisons purement physiologiques, un pénis ne peut pas rester en érection maximale en permanence. Il doit, de temps à autre, renouveler le sang bloqué dans les corps caverneux afin de le remplacer par du sang frais. »

Ok, c’est noté. Maintenant que tout ça est dit, tout le monde se sent mieux ?

 

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                                                                    Crédit photo : Anna Wolf

Weblife

Jeudi 16 avril 2009

 Comment se mettre à dos tous ses amis ? 

Ce week-end, lors d’un dîner tout ce qu’il y a de plus agréable, la conversation s’oriente sur les sites web de rencontres. Vous savez les Meetic & Co, tous plus révolutionnaires les uns que les autres : certains sont catégorisés en tranches d’âge, pour un coup d’un soir ou l’amour toujours, d’autres spécialisés en catégories socio-professionnelles, ou physiques (les grosses, les noirs…) ou certains plus généralistes (ouf !). Je trouve ça assez choquant, mais bon passons.  

Le phénomène touchent mes amis à différentes niveaux : ceux qui sont des pros de l’aventure web, de la relation 3.0, de la  webcam coquine. Ceux qui sont déjà en couple se disent totalement favorables s’ils étaient célibataires : ils avancent la facilité des rencontres, le gain de temps, le côté « droit au but ». 

Moi, ces arguments, ça a tendance à m’agacer.

D’accord des couples, des amitiés, des relations se sont noués par ce biais. J’ai vu des gens sortir ensemble alors qu’ils ne se seraient même pas regardés dans la vraie vie. J’ai vu des relations virtuelles s’épanouir dans le réel. Certains de mes amis m’ont raconté comment leurs pulsions sexuelles pouvaient être satisfaites à la minute dans n’importe quelle région grâce à Meetic & Co (d’ailleurs spéciale dédicace à Miguel, ses piètres performances et son odeur de renfermé : de la part de ma copine L.S).

Dans un élan rageur, un moment d’intolérance, jai traité les utilisateurs de ces sites de sociopathes. Eh oui, quand on connait le sens de ce terme, c’est très exagéré, voire hors propos et particulièrement insultant. Je regrette. Surtout que mes amis sont relativement bien dans leurs baskets…Euh…En tout cas pas une once de sociopathie.

Mais avouez que l’intérêt de rencontrer des gens dans la vraie vie c’est entre autres choses : prendre des risques, ne pas savoir où l’on va, parler, chercher les mots, la posture qui séduit l’autre. Souvent aller contre soi : la timidité, la peur. Parfois la chance du frisson des premiers instants. Parfois savoir se tromper de cible mais recommencer jusqu’à tomber d’accord ou presque avec quelqu’un. Savoir prendre des vestes. Se coleter avec le réel. Etre authentique. Savoir laisser au hasard le soin de la belle rencontre.

 

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