Archive de la catégorie ‘Kill Bill’

Le Freak c’est chic

Mercredi 18 février 2009

Faut il adhérer à un certain goût (même si on le trouve mauvais) sous prétexte que c’est trendy ?

L’autre jour, des amis m’ont proposé des billets pour une expo photo. Je suis nulle en photo mais je suis fascinée par les  photographes (Henri Cartier Bresson, René Burri et beaucoup d’autres), du coup j’ai dit oui d’emblée.  Mais quand ils m’ont annoncé qu’il s’agissait de la rétrospective David La Chapelle (photographe de mode, réalisateur de Rize…), hum, comment dire…J’ai eu subitement un planning hypra chargé.

Comment vous dire…J’aime bien sa façon d’évoquer son travail de photographe de mode, ses anecdotes, son désir de mettre en scène des people (l’apocalypse intérieure d’Elton John, les fantasmes cauchemardesques de Paris Hilton, ou Amanda Lepore, sa muse, transformée en Marylin wharolienne).

Mais il a cette façon bien particulière de saturer les couleurs, de lisser les corps à l’extrême, de leur faire prendre des expressions extravagantes, parfois inhumaines, qui donne un résultat kitch et trash. DLC est très très doué pour tout rendre irrémédiablement désespéré : point de salut dans l’enfance, la maternité, l’argent, la religion. Il aurait déclaré, lors de la conférence de presse d’inauguration :  »exprimer mes angoisses par le biais de mes photos, c’est le moyen de m’en libérer ».

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Ok, David LaChapelle est angoissé  MAIS c’est une star internationale.

C’est pour cette raison qu’une copine attérée par mes explications me prend à part , du genre « je te conseille d’accepter l’invit’  » parce que : « il faut que  tu comprennes que le freak c’est chic ».

Sans blague? Je ne vais pas à la rétrospective de David LaChapelle super people, super fashion, du coup, je signe ma mort sociale, c’est ça ?

Si je ne porte pas les mêmes baskets à talons hideuses (mais qui donc a inventé cet OVNI fashion ?) que cette copine, je ne suis pas tendance ? Alors, ok, je ne suis pas tendance.

David LaChapelle, Rétrospective, jusqu’au 31 mai 2009, à la Monnaie de Paris, 11 Quai Conti, 75006 Paris.

PS: Zaraki, rassure-toi, la fin de cette semaine sera consacrée aux garçons. (pour patienter, j’illustre aujourd’hui mon article avec une pin-up (Paris Hilton) en pleine séance de bondage ! ).  A demain donc !

I said no, no, no…

Mardi 17 février 2009

Faut il toujours s’avouer vaincu lorsqu’on vous dit « non » ?

Je vous explique : pendant quelques semaines, j’ai convoité un accessoire mode que je pensais incontournable. J’avais vu Kate Moss dans des magazines porter avec distinction et grace des bottes de motard qui lui donnaient une rock touch très réussie. Résultat : je me me suis mis en tête de lui ressembler. Ah Ah.

Et enfin, un week end, je tombe en arrêt devant l’objet de mon désir fou. Elles sont splendides : couleur improbable ( je vous raconterai un jour quel rapport j’entretiens avec la couleur jaune), cuir grainé fin et souple. D’où, coup de foudre dans le magasin. Je les essaye et je me mets à fantasmer sur comment les mettre en scène à mes pieds…

Et là dans le miroir, c’est le drame : je me rends compte qu’elles se refusent à moi. Mes mollets ressemblent à ceux de Serena Williams, la championne de tennis,  alors que je voulais une orientation plutôt mollets Kate M. J’ai beau me regarder sous tous les angles, ces bottes ingrates me disent « on t’a dit non, on n’est pas faites pour toi ». L’âme en peine, je sors du magasin sans mes bottes adorées. J’ai vraiment du mal à faire mon deuil, mais je dois m’avouer vaincue.

Quelques jours plus tard, en ressassant ma frustration, je me rappelle d’une copine qui convoitait un garçon depuis quelques semaines. Il lui disait non (juste rapport à sa situation maritale. Comme si la fidélité comptait vraiment de nos jours !) et elle ne voulait pas s’avouer vaincue. A cette époque, ma copine m’agaçait profondément à insister comme ça. Je voyais bien qu’elle ne parvenait pas à se faire une raison.

Avec l’histoire des bottes de motard, j’ai enfin compris que ce n’est pas si facile de devoir renoncer quand on a l’impression que l’objet ou la personne correspond pile à notre désir.

Du coup, j’ai retenu ceci : Leçon de mode 1 : Avoir du style, c’est savoir ce qui nous va ou pas et l’accepter. Leçon de mode 2 : S’avouer vaincue, faire son deuil et enterrer l’idée.

Et vous ? Avez vous fait une croix sur un style que vous adoriez, a priori ?

 

Merci à Leora B. (dont je parlerai lors de la semaine des Césars) pour ses commentaires pertinents, et Zaraki, pour son commentaire sur l’article « Rock me, baby ». A demain ! Je vous embrasse.

 

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