Jour de Grève

19 mars 2009

Pour quoi manifester aujourd’hui ?

Si je devais manifester aujourd’hui, je le ferai contre les réformes scolaires (eh oui, je n’aime pas les enfants mais je ne veux pas finir entourée d’une génération intellectuellement affaiblie à cause de l’Ecole au rabais), contre la tendance du tout-répressif d’une Justice à deux vitesses de surcroît, contre certaines grandes entreprises privées qui licencient malgré des bénéfices indécents de cette année, contre les banques qui ont permis le sur-endettement de milliers de particuliers, contre un gouvernement qui ferme les yeux sur les inégalités sociales tant en métropole que dans les départements d’Outre-Mer où tu payes 4 yaourts nature normaux 7 euros, contre la hausse des prix des produits alimentaires de base et la hausse des prix en général, contre un système qui broie les gens au quotidien et qui, clairement, ne nous laisse de choix que la contestation…

Ma liste est encore longue, mais voyez-vous, malgré la colère qui sourde en moi, en manque d’expression libre et franche, je suis à mon poste de travail.

Je ne suis pas de ceux qui prennent un jour de congé pour aller manifester, et je m’en veux beaucoup et j’ai honte d’être là comme si il ne se passait rien dehors… Je suis juste de ceux qui sont de coeur avec les manifestants.

This Bad Boy is Killing Me

18 mars 2009

catommy08thumbnail1.jpg    Faut-il avoir peur du mauvais garçon ?

 On a toutes croisé le chemin d’un garçon « différent ». Voici le portrait du dernier specimen rencontré par l’une de mes copines, en cinq points :

1) Il n’est pas systématiquement beau garçon. Il a cependant une allure, un style. On dit qu’il est « différent ». Son détachement vis à vis de tout ce qui l’entoure, éveille toujours l’intérêt des filles. Il est tellement sûr de lui, inébranlable. Qui ne voudrait pas être protégé par le roc qu’il est ?

 2) On voudrait percer le mystère dans son regard. On imagine, souvent à tort, qu’il cache un secret, une faille, et ça, ça le rend captivant. En bonne psy avec instinct maternel en sus, on voudrait réparer la fêlure et découvrir l’homme blessé mais tendre qui se cache sous la carapace. Parfois on cherche très très très longtemps.

 3) Les filles sentent qu’avec lui, l’ennui n’existe pas, qu’une relation avec lui sera sans cesse renouvelée. Et puis, jamais rien de prosaïque : pas de liste de courses, pas de dimanche chez les beaux-parents. La surprise, l’imprévisible avec du cuir et de la passion dedans. Elles ne seront pas déçues !

 4) Le mauvais garçon est par définition inaccessible. Plus il semble hors d’atteinte, plus il attire. Les filles se disent que si elles étaient l’objet de son attention, voire de son désir, leur ego serait à nouveau d’aplomb. J’en ai vu plus d’une (moi y compris !), faire la danse de la dinde (minijupe, décolleté stomacal, rires de gorge, conversation passionnante (« je prends des cours de yoga. C’est trop wild »), … Pathétique.

5) Toutes les filles se disent que ce sont les plus dangereux. J’en ai vu de très honnêtes mettre en garde en disant :  »J’aime pas l’amour. Je m’attache pas ». C’est pourtant très clair, non ? Et bien, elles finissent par se faire briser et piétiner le coeur dans la poussière. Le pire c’est que le mauvais garçon n’a pas de mots pour expliquer la fin d’une histoire : en général, il disparait sans un mot ou bien croise la fille sans poser un regard sur elle. Pauvre chose. Score de l’ego de la fille : moins zéro. Ego du bad boy : intact, pourquoi ?

Je suis sûre que certaines d’entre vous l’on rencontré. Et si ce n’est déjà fait, vous êtes prévenues.

 

Mes prévisions météo

17 mars 2009

Qu’est ce qui change dans ma vie quand il fait beau ?

Je ne me prends plus pour la miss météo de Canal + : Plus besoin de chiffres, d’anticyclones, etc. Au premier rayon de soleil, je décrète que c’est l’été. Si je le dis, c’est que c’est vrai.

Mes jupes raccourcissent de 5 cm. Ceux qui me connaissent le remarquent à peine. Les autres se demandent si je n’ai pas oublié de mettre mon jean. Je m’en fous.

Pour moi, ne rien faire n’est plus une plaie, c’est un art de vivre.

J’aspire à avoir un emploi saisonnier : travailler 12 heures par jour l’hiver et m’alanguir sur une plage dès les premiers rayons de soleil pendant 5 mois.

Ce qui reste de spiritualité et d’intellect dans mes relations avec les très jolis garçons s’envole. Je veux du CONCRET.

Je m’hydrate un peu plus : mojito à 19h, mojito à 21h, mojito à 22h, 22h30, 23h,…après minuit c’est mon foie qui comptabilise tout seul.

J’ai envie de donner mes rendez-vous dans le Jardin des Tuileries ou au Luxembourg, là où le « Temps suspend son vol ». Oui, le beau temps, ça me rend poète.

Je défends mon projet de voyage d’été en Malaisie auprès de mes amis : il va me falloir vendre un rein pour payer le séjour. Non tout compte fait, vu l’état de mes comptes bancaires il va me falloir vendre un rein ET un poumon. D’accord c’est hors budget, mais en Malaisie au moins ils n’ont pas de loi stupide sur les open-bars.

J’ai un grand projet : me mettre au sport. Ceux qui ne me connaissent pas sont admiratifs. Ceux qui me connaissent…je ne le leur dis jamais.

Je peux juste dire que je suis globalement toujours la même, au final. Sauf que l’été m’apporte tous les ans, un an de plus…

Fuck l’été.

                                                       

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Partir

16 mars 2009

L’idée de tout quitter vous a t’elle déjà effleuré ?

Samedi, chez ma copine Sasha, à l’heure où le 7ème mojito nous aide a réinventer le monde, B., mère aimante et épouse  »irréprochable » confesse avoir dit un jour, à son mari et ses enfants : « Je ne vous supporte plus. Je suis fatiguée. J’ai envie de partir vivre ailleurs ».

Rien de fâcheux dans leur vie, rien qui puisse augurer cette phrase. Elle est restée quelques secondes face à leurs mines ahuries. Et puis, elle s’est sentie suffisamment soulagée d’un poids pour leur demander pardon et dire qu’elle regrettait, qu’elle était très fatiguée, etc… Elle a continué à les servir à table. Sa vie a continué comme auparavant.

Le salon de Sasha s’est alors scindé en plusieurs camps  : ceux qui jugeaient B. (« comment est-ce possible ? Faire ça à ses enfants !), ceux qui pensaient qu’il valait mieux exprimer ses frustrations pour ne pas commettre l’irréparrable, et le reste qui réfléchissaient tout haut (Partir ? Vers quoi?) .

Une copine évoquait le film « Villa Amalia » (sortie en avril 2009) adapté du roman éponyme de Pascal Quignard. Le pitch : Anne Hidden, 40 ans environ, décide de repartir à zéro après avoir pris en flagrand délit d’adultère son mari (évènement qui se révèle comme un élément traumatique). A mesure de sa fuite, elle abandonne tout ce qu’elle était : son apparence, son identité, son passé…tout excepté son amour pour la musique. C’est un trajet, qui, en l’a menant à la Villa Amalia, en Italie, la ramène vers elle-même. Elle peut enfin recommencer à vivre.

Laisser derrière soi la vie d’avant, l’éteindre une fois pour toutes. Certains d’entre nous ont été effleurés par ce projet. Certains l’ont fait parce qu’il ne trouvaient pas le courage de rester. D’autres se sont contentés d’y songer, parce qu’ils trouvaient suffisamment de raisons pour s’accrocher, parce qu’ils décidaient de se coleter avec le quotidien…

J’ignore toujours si c’est une question de courage ou de lâcheté. J’ai parfois jugé hâtivement des femmes qui abandonnaient leurs enfants, (en prenant la précaution de les laisser au père aimant, à un tiers sécure) comme des indignes, des mal-aimantes. J’ai jugé les hommes qui partaient acheté un paquet de cigarettes et ne revenaient pas comme des salauds . « Trop facile, disais-je ». Seulement, la vie n’est pas si simple.

B. ne le fera pas. Elle en est sûre. B. ne s’en ira pas.

Sans doute lui suffit-il juste de vivre avec l’idée qu’un ailleurs existe ? Comme la plupart d’entre nous.

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Villa Amalia, film de Benoît Jacquot, avec Isabelle Huppert. Sortie le 8 avril.

Madame Rêve…d’Alain Bashung

14 mars 2009

Alain Bashung est mort.

Ses chansons Madame Rêve, Angora, By Proxy, Osez Joséphine…occupaient ma vie.

Le timbre tremblant de sa voix posée sur des textes tellement poétiques, m’accompagne depuis toujours :

  • quand j’aime (Au Pavillon des Lauriers : « je veille sur un grain de toute beauté » ou Les Mots Bleus),

  • quand je pleure d’amour (Fantaisie Militaire : « j’sais plus qui tu es/qui a commencé/quelle est la mission »),

  • quand je désire (Madame Rêve : « Madame rêve/d’atomizers/de silences si longs/qui la remplissent de bonheur).

Alain Bashung ne peut pas être mort : je l’entends :

Aucun Express ne m’emmenera

Vers la félicité

Aucun tacot n’y accostera

Aucun Concorde n’aura ton envergure

Aucun navire n’y accostera

 Sinon toi…

Sinon toi.

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Un parfum de scandale

13 mars 2009

Scandaleux, racoleur, choquant, pornographique, abject, immoral, discutable…?

L’exposition « Controverses » suscite la polémique.

D’un côté les mises en scène très esthétisantes et provoquantes telle que le cliché de la nonne embrassant un curé, par Olivero Toscani, ou la photo sublimissime de la rousse Sophie Dahl en position post-orgasmique pour le parfum Yves Saint Laurent.

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De l’autre, la réalité crue, souvent agressive de photos d’enfants mourant de faim, d’enfants prépubères dans des mises en scènes hypra sexualisés (par des esprits détraqués ?), de tragédies humaines dans leur expression la plus violente.

Chaque image est décryptée et remise dans le contexte de l’époque (ce qui ne justifie jamais, d’ailleurs, un certain nombre de déviances), ce qui nous permet d’en saisir un peu mieux les enjeux. Et ce qui rend l’exposition passionnante.

Ainsi, on apprend que l’auteur de la photo d’une enfant mourant au Soudan sous l’oeil avide d’un vautour, Kevin Carter, s’est suicidé quelques temps après avoir reçu le prix Pulitzer : malmené par la critique, les médias, sur le côté racoleur de ses clichés, trop d’horreurs vues lors de ses photo-reportages…La dépression l’a englouti.

Controverses. Bibliothèque nationale de France. 58, rue de Richelieu, Paris-2e

American Apparel : a way of life

12 mars 2009

Comment se booster un peu dans la grisaille ambiante ?

Un de mes copains, qui a quelques raisons de ne pas toujours être heureux, m’a raconté qu’il avait fait un tour chez American Apparel. Là, il a découvert que le slip kangourou, longtemps décrié pour le côté vieillot de sa forme et de son ouverture frontale, a été remis au goût du jour par l’enseigne américaine depuis plus d’un an. 

Ce qui l’épate, c’est que la collection est déclinée dans une palette chromatique flashy très large : du rouge sang au bleu piscine, en passant par des verts, des jaunes et des violets. Le charme désuet est tout de même conservé : la forme n’a pas été modifiée et les surpiqures sont blanches.

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Crédit photo : American Apparel

Chez American Apparel, ce jour là, ce copain conquis, s’empare sans réfléchir de 10 exemplaires du slip dans des coloris différents.

Et il m’explique comment, depuis cet achat, cette explosion de couleurs dans son armoire le met en joie, une joie communicative car lorsqu’il en parle, il a 15 ans à nouveau. Il m’assure que ces touches de couleurs sont comme des touches d’humour sur lui. Et puis, cette rangée de slips AA, c’est un arc-en-ciel dans son dressing. Lorsqu’il ouvre son armoire, c’est comme s’il ouvrait un sachet de dragibus Haribo : c’est beau la vie.

 J’aime les gens qui parviennent à trouver de petits riens qui rendent les journées plus légères. Parfois, il faut avouer que les raisons de sourire de bon coeur manquent : le quotidien, c’est souvent morne plaine.

Mais c’est exactement à ces périodes qu’il faudrait trouver son « petit arc-en-ciel American Apparel » à soi pour se rebooster, aller de l’avant et de plus belle. Tout ça pour sourire un peu plus à la vie et à soi.

Five Messages to God

11 mars 2009

 Si Dieu existait et que je pouvais lui parler, que lui dirai-je ?

Un artiste hollandais a créé une messagerie vocale pour Dieu. Il espère que les gens seront ainsi amenés à « contempler la vie » (je ne vois pas trop ce que ça peut vouloir dire mais ça a l’air d’être un sacré concept), et qu’un maximum de gens laissera des prières téléphoniques. En lisant cette dépêche, je me suis demandée ce que je dirai à Dieu si je n’étais pas profondément athée et en colère contre la religion :

1) Je commencerai par : « P***, t’es où ? »

2) Je lui ferai des reproches : « Tu exagères : il n’y a pas que le Ciel à gérer, tu pourrais jeter un coup d’oeil à ce qui se passe chez nous quand même…, parce que tes amis qui sont censés te représenter, (tu sais les robes longues, les barbes et tutti quanti) ont dû se griller le cerveau à vivre loin des réalités: ils ont perdus toute notion du bien et du mal. C’est le bordel, ici. » 

3) Je lancerai une idée sympa: « Pourquoi ne pas organiser un séminaire international pour recadrer tes lieutenants religieux ? Justement, j’ai un cas pratique sur lequel travailler : tu vas sur Google, tu tapes les occurences « fille de 9 ans + Brésil », tu vas trouver très très vite. Et comme ça ne suffira pas, il faudrait aussi taper « négationnisme+Vatican ». C’est déjà pas mal pour un début. J’en ai plein d’autres, alors rappelle-moi ».

4) Je lui demanderai un miracle : « Tu n’aurais pas un moyen de faire rester Nick et Carlala au Mexique, ou bien qu’ils prennent 3 années sabbatiques, parce que décidément leur bronzage, leur joie de vivre, leur lune de miel éternelle, ça commence à m’attaquer les nerfs. Entendons nous bien : je ne suis pas jalouse, j’ai juste envie d’un président CREDIBLE ».

5) Je lui dirai d’innover : « ça me trotte dans la tête depuis que tu as une ligne téléphonique. Pourquoi tu ne viendrais pas ici faire un tour, histoire que tu te rendes comptes par toi-même ? Tu ne t’ennuieras pas, je te promets : t’occuper du sort des albinos en Afrique, Gaza, la crise, la pauvreté et un tas d’autres choses aussi dingues. Tu vas voir, ça va te plaire.

Chloé et moi

10 mars 2009

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Qui est la femme Chloé ?

La femme Chloé a toujours aimé le luxe : elle aime la broderie anglaise, les détails festonnés et les tissus précieux. Cet été, elle aimera un peu plus les couleurs éclatantes, chaudes, qu’elle saura harmoniser à sa palette plutôt cherry blossom, véritable griffe de la maison.

La femme Chloé joue sur les contradictions pour une saison : les robes ouvragées sont portées avec des sandales plates en plastiques alors que l’on pourrait s’attendre à des talons bijoux chics. La femme Chloé est imprévisible. C’est peut-être cela même qui fait d’elle une femme élégante, sûre d’elle-même et de ses choix ?

Je viens de recevoir le sésame qui m’ouvrira les portes des ventes super privées Chloé, deux jours avant la date officielle. Des ventes privées et presque intimes pour happy few. Je verrai enfin de très près qui est Chloé.

A vrai dire, je m’intéresse plus aux acessoires Chloé. Notamment à une partie de la collection de sacs printemps été 2009 : le modèle Héloïse et le modèle Ethel, en agneau, coloris nutmeg, dont je suis quasiment amoureuse depuis que je les ai découvert. J’irai les caresser, les humer, leur dire combien ils comptent pour moi. Je leur dirai combien ils vont me manquer parce que je suis encore loin d’être en mesure de les acquérir malgré les 50 % de remises promises. 

J’ajouterai aussi combien je suis décidément très loin d’être une femme Chloé.

Panama 2009

9 mars 2009

Comment se protéger du soleil cet été (à part la crème et les lunettes solaires) ?

Olivier Cortazar, jeune styliste sud-américain a élaboré pour Ungaro, une collection printemps été 2009, littéralement haute en couleurs : du bleu électrique, du violet sous tension, du jaune solaire, du vert amazonie, ponctuée parfois de noir et souvent de blanc. Des drapés (signature d’Emmanuel Ungaro), des traînes et des volants structurent les silhouettes qui évoquent un Sud aux accents andalous.

Je n’aurais pas prêter attention à cette explosion de couleurs (j’ai une préférence pour les noirs, les gris et les poudrés, même en été), ni à ces tenues aux volumes froufroutants, si ce n’était cet accessoire que l’on a entrevu cet hiver version feutre et que l’on retrouve cette saison version végétale : le panama.

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                                                                                   Photo : site Elle.fr

Exit les capelines et autres chapeaux à larges bords.

Porté avec une robe toute en voiles, un jean, ou un T-shirt loose, le panama donne à l’allure une touche d’insolence (genre « je l’ai pris dans le dressing d’un homme ») et de glamour (le masculin-féminin est toujours subtilement sexy) que j’aime particulièrement. De plus, chez Ungaro, on le porte un peu déformé, négligé, ce qui ajoute une dimension « anecdotique » à l’accessoire (il a voyagé, il a vécu).

En fait, Ungaro a fait du panama l’un des accessoires must have de l’été. En tout cas un des miens. Je ne pourrais pas shopper tranquille sans en avoir trouver un comme celui des filles Ungaro.

Je le porterai avec une petite robe légère et courte, rose pâle, des sandales à talons et j’aurai l’impression de vivre mille vies… Vivement le plein soleil.

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